Derechos Humanos
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Versión original

Jean-Michel Bouvier envió ayer, día viernes 5 de mayo, un email al Gobernador de Salta, cuyo texto ha sido objeto de varias traducciones. No todas ellas reflejan con fidelidad la palabra y los sentimientos de Bouvier. Por esa razón, publicamos el texto original en francés.
Jean-Michel Bouvier
Jean-Michel Bouvier
A raíz de que circulan en Internet diferentes versiones de traducciones al español de la carta que ayer dirigió Jean-Michel Bouvier al Gobernador de Salta, Juan Manuel Urtubey, reproducimos a continuación el texto de la misiva en su idioma original.

Gouverneur.

Je suis au rendez-vous.

Je suis un homme rationnel. Bien entendu, comme tout être humain, j'ai des colères, des ressentiments, des émotions fortes, etc. mais j'ai appris de mon éducation qu'il était important de les maîtriser pour éviter des jugements hâtifs et arbitraires. Etre professionnel toujours.

Je vous ai rencontré pour la première fois le 2 août 2011 à Salta. Les frères et une cousine d'Houria était là ainsi que la mère, le frère et la sœur de Cassandre. La présence à nos côtés de l'ambassadeur de France en Argentine et du consul général à Buenos Aires témoignait de la volonté de l'Etat français à nous assister dans ces moment de douleur aiguë et au delà à nous préparer à vivre avec les procédures policières et judiciaires engagées pour confondre les auteurs et les complices de ces assassinats. Dès ce premier jour, je me suis efforcé de décrypter, derrière la façade de l'homme public, qui vous étiez réellement. J'ai noté un certaine réserve dans les propos : j'aurai pu juger d'un manque d'empathie. J'ai préféré mettre votre attitude sous le couvert d'une forme de pudeur. Aurai-je fait mieux que vous si vous aviez été le père Cassandre et moi le gouverneur ?

Je vous ai revu plus de ans 2 après à l'occasion de l'inauguration de la stèle réalisée à Paris par le sculpteur Alfredo GARZON né à Salta. Signe important j'avais voulu que cette inauguration se déroule le 28 novembre 2013 à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Nous avons ensemble, avec l'ambassadeur Jean-Michel CASA et le consul général Raphaël TRANNOY, le chemin de terre escarpé qui nous a conduit à la stèle. A la tribune, je me suis exprimé clairement ce jour-là. Madame LACONI, si elle n'était pas présente à l'inauguration, pourra le vérifier à la lecture de mon discours (ci-joint). La stèle est dédiée à la Liberté des femmes et doit devenir "pour le peuple de Salta le phare de sa détermination à éradiquer les violences qui nuisent à l'épanouissement d'une société. Ce combat universel ". La référence à "las turistas francesas" et à un enjeu touristique n'est pas digne.

Depuis cette inauguration, je suis revenu sur le site. J'ai pu constater que vous n'aviez tenu la promesse d'en faciliter l'accès puisqu'elle a été érigée sur un terrain privée. J'ai moi-même était interdit d'accès une fois. La situation a été rapidement débloquée mais un habitant de Salta aurait été moins écouté que moi. J'ai noté que l'entretien était assuré par les familles VILTE et VERA (notamment par Clemente avant qu'il ne retourne injustement en prison). La réparation des dégâts faits à l'oeuvre d'Alfredo GARZON et aux plaques apposées autour relève de la responsabilité de la province. J'ai du réclamer la réparation de la plaque identifiant le sculpteur pour qu'elle soit effectuée.

Aujourd'hui, je m'aperçois que la stèle n'aurait jamais du être érigée sur le mirador de la Quebrada. C'est mon erreur et je l'assume. Mais à l'époque je croyais le discours. des autorités de Salta et plus particulièrement de l'indigne et lâche juge Martin PEREZ : Cassandre et Houria sont mortes le 15 juillet 2011 sur le mirador. Or le procès de 2014 n'a pu apporter de preuves irréfutables de la date et du lieu de leurs mort.

Aussi je demande le déplacement de la stèle de San Lorenzo à Salta. Une implantation sous la bienveillance du Général SAN MARTIN dont la vie est un pont entre l'Argentine qu'il libéra et la France qui l'a accueilli serait d'une portée considérable pour le combat pour la liberté des femmes.

Je vous ai revu début juin 2014 quelques jours après le verdict prononcé par le tribunal. Je vous ai fait part de ma satisfaction d'avoir vu 3 juges conduire les audiences avec un grand professionnalisme et avoir établi les graves fautes de l'enquête conduite par le juge PEREZ (tortures généralisées sur les personnes interrogées; manipulations policières pour accuser il'un des 3 co-accusés. J'ai demandé la poursuite des investigations puisqu'un seul homme ne pouvait être le seul auteur d'un double viol et d'un double assassinat soi-disant dans un parc touristique à une heure d'affluence et que 3 ADN inconnus avaient été relevés par les experts français. Vous savez comme moi qu'il est possible aujourd'hui de dresser le portrait-robot d'une personne sur la base de son ADN et d'orienter ainsi les recherches pour la retrouver. Quand je vous disais que des acteurs, actifs ou passifs, des assassinats de Cassandre et Houria, vos réponses n'étaient pas celles attendues du plus haut responsable de la province. Celles d'un dilettante au mieux ...

La dernière de nos rencontres a eu lieu le 18 décembre 2015 tout juste après mon entretien avec le docteur Catalano fraîchement nommé par vous président de la Cour de Justice de Salta. Quelques jours avant, j'avais imaginé une stratégie pour vous obliger à l'action et sortir de votre prudence existentielle. Je l'avais exposé à l'Ambassadeur de France qui d'une part l'approuvait et d'autre part garantissait sa présence. Je vous ai donc proposé de solliciter le président MACRI pour une réunion à 4 (lui, vous, l'ambassadeur et moi) dont l'objet était de ré-ouvrir l'enquête dans le respect des personnes et des institutions (une sortie par le haut comme on dit en France). Vous m'avez dit oui. Un peu surpris par cette acceptation plus tard dans nos échanges j'ai remis sur la table cette proposition. Une deuxième fois vous avez dit oui. Double mensonge puisque lorsque quelques mois vous m'avez répondu que la démarche auprès de M. MACRI n'étaiut pas faisable (!)

Votre crédit auprès de moi est aujourd'hui proche de zéro. Je ne désespère cependant jamais : quelqu'un peut fuir un jour ses responsabilités et demain les assumer.

Une dernière suggestion, j'en conviens un peu iconoclaste : appeler le chemin qui mène au mirador le chemin des injustices.

Cordialement.

Jean-Michel BOUVIER


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